Famille de Vogüé

La famille de Vogüé, olim d'Alès, est une famille subsistante de la noblesse française. Son nom vient de la terre de Vogüé près d'Aubenas (Ardèche) qu'elle hérita de la première famille de Vogüé éteinte en 1326 et dont elle descendait en ligne féminine. Cette première famille possédait également depuis le XIIIe siècle la terre de Rochecolombe sous le nom de laquelle elle était parfois désignée jadis.

Les Vogüé comptèrent à partir du XIXe siècle des industriels et des hommes d'affaires, mais aussi deux membres de l'Académie française, des hommes politiques, des résistants, etc.

Première famille de Vogüé (éteinte en 1326)

La première famille de Vogüé tirait son nom de la terre de Vogüé, dans le Vivarais (Ardèche), qu'elle possédait depuis un temps immémorial, « caractère certain d'une noblesse de race » écrit Bernard Chérin, généalogiste des Ordres du roi dans son mémoire pour les Honneurs de la Cour. Elle le transmit avec ses armes à la famille d'Alès qui le substitua au sien. Elle a été aussi connue sous le nom de Rochecolombe, terre qu'elle possédait dans le même temps.

Bernard Chérin, généalogiste des Ordres du roi indique au sujet de cette famille : « La maison de Vogüé en Vivarais, est l'une des plus anciennes de cette province […] Elle est connue depuis 1080 et prouve sa filiation depuis 1256 ».

Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle mentionne une filiation noble prouvée depuis 1256, année ou est mentionné Raymond de Vogüé, chevalier, seigneur de Vogüé et de Rochecolombe.

Bertrand seigneur de Vogüé, est attesté en 1080 : avec sa femme Bermonde (probablement issue de la maison d'Anduze) et ses fils Jean et Raymond de Vogüé, ils sont donateurs de divers bien-fonds dans la paroisse de Saint-Maurice à sœur Simplice, prieure du monastère de Saint-Martin de La Villedieu.
Bertrand de Vogüé, en 1084, contribua avec Bermonde sa femme, à la fondation du monastère de La Villedieu.

Un autre membre de la famille, Pierre de Vogué, sans doute frère du précédent figurait dans la même charte de donation.

Audibert, seigneur de Vogüé, chevalier, rendit hommage pour cette même terre de Saint-Maurice en 1150 à l'évêque de Viviers.

Un Guillaume de Vogüé était chanoine de Viviers en 1137.

En 1207, quatre membres de la famille de Vogüé : Raymond de Vogüé, chevalier, Pons de Vogüé, damoiseau, Dalmase et Pierre de Vogüé se reconnaissent vassaux de l'évêque de Viviers, le 6 des calendes de mars 1200 (25 février 1207) et lui font hommage des forts et châteaux qu'ils possédaient dans le lieu de Vogüé.

Raymond occupe une tour et le château, déjà qualifié de « vieux ». Pons et Dalmasse ont chacun une tour. L'installation de Pierre est la plus modeste : elle ne comprend qu'une enceinte palissadée.

On trouve aussi Geoffroy de Vogüé, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux de 1210 à 1230 et Arnaud de Vogüé évêque de Viviers de 1246 à 1255.

Raymond de Vogüé possédait aussi la terre de Rochecolombe, distante d'une lieue et demie de Vogüé, terre dont la possession s'est continuée dans la branche aînée jusqu'à l'époque de l'émigration. Ce fut comme seigneur de Rochecolombe, que Raymond de Vogué, chevalier, transigea, en 1210 avec l'abbé de Mazan.

Audibert, co-seigneur de Vogué, chevalier, mourut sans enfants avant l'année 1265. Sa succession fut recueillie par son cousin, Raymond, seigneur de Vogüé, chevalier, vivant en 1256 et 1296. Depuis ce Raymond, qui fut en même temps seigneur de Rochecolombe, Saint-Germain, la Villedieu, Plantade, Coyras, Saint-Sernin, Lanas et Saint-Maurice, la filiation est établie sans aucune interruption dans les titres généalogiques.

La filiation prouvée commence avec Raymond Ier de Vogüé (descendant d'un des précédents), vivant en 1256, seigneur de Vogüé et de Rochecolombe, marié à Guilhelme de Laudun. En 1256, 1292 et 1293, il exempta de la taille à volonté ses sujets de Vogüé, Rochecolombe, Saint-Germain, La Villedieu, Saint-Laurent-sous-Coiron, Saint-Maurice, Lanas et Lachapelle-sous-Aubenas.

Cette première famille de Vogüé s'éteignit en 1326 avec Raymond II de Vogüé (1297-1326) époux de Marguerite de Seneterre.

Seconde famille de Vogüé

Marc Gauer écrit dans l'ouvrage Histoire de la famille Vogüé et de ses alliances que la première maison de Vogüé s'éteignit avec Raymond II de Vogüé (1297-1326) époux de Marguerite de Seneterre, qui pour assurer l'avenir de son domaine et de son nom adopta et institua comme son héritier universel (devant Jean de La Villedieu, notaire), à condition de prendre les armes et nom de Vogüé, son plus proche parent par les femmes, Raymond d'Alès (mort en 1341), petit-fils d'Amédée Ier d'Alès, gentilhomme du Dauphiné (mort en 1284) marié en 1275 à N de Vogüé, fille de Raymond Ier de Vogüé et de Guillemette de Laudun.

Alès, Alesium était un castrum situé dans la Drôme au sud de Valence ; c'est aujourd'hui le bourg d'Allex. Amédée Ier d'Alès, époux de N. de Vogüé et qui en était seigneur, mourut jeune, et Raymond Ier de Vogüé dut prendre la tutelle de ses petits-fils.

Dans un acte de 1323, Amédée II d'Alès, fils d'Amédée Ier d'Alès, est nommé « père et tuteur de Raymond de Vogüé ».

Cette opinion est partagée par Régis Valette qui dans son Catalogue de la noblesse française indique "de Vogüé olim d'Alex".

En tout état de cause, la seconde famille de Vogüé fait partie de la noblesse dite d'extraction chevaleresque.

Deux branches principales se sont formées vers la fin du XVIe siècle, par deux frères, Melchior et Louis de Vogüé, chevaliers de l'ordre du roi.

La famille de Vogüé fut maintenue noble en 1671 sur une filiation prouvée remontant à Audibert de Vogüé (1352-1417).

Titres

Les titres authentiques de la famille de Vogüé sont :

  • Baron de Vogüé par lettres patentes de 1713.
  • Pair de France héréditaire en 1823, confirmé baron-pair héréditaire par ordonnance royale du 24 mai 1824 pour une branche
  • Pair de France héréditaire en 1827, confirmé baron-pair héréditaire en 1829 pour une branche cadette.

Titre de courtoisie :

  • L'ainé des Vogüé porte depuis le XVIIIe siècle le titre de courtoisie de marquis de Vogüé, sous lequel son ancêtre fut admis aux Honneurs de la Cour.

Pierre de Vogüé (mort sans postérité en 1773), à qui le dernier duc de Villars (mort en 1770) légua par testament sa grandesse d'Espagne, la légua à son tour à son cousin Charles François Elzéar de Vogüé (1713-1782). Certains auteurs (dont André Borel d'Hauterive) indiquent que cette succession fut reconnue en Espagne en 1825. Une demande fut effectivement faite en 1826 dans ce sens par le marquis de Vogüé « comme légitime successeur du duc de Villars ». Le résultat de cette demande varie d'une source à l'autre : Emilio de Cárdenas Piera pense qu'elle n'a pas fait l'objet d'une concession de réhabilitation tandis que Francisco Fernandez de Bethencourt pense le contraire.

Famille de Vogüé

Image illustrative de l’article Famille de Vogüé

Armes


Blasonnement

D'azur, au coq d'or, le bec ouvert barbé et crêté de gueules


Devise

« Sola vel voce leones terreo »


Lignées

Première famille de Vogüé (éteinte en 1326)
Deuxième famille de Vogüé


Période

XIVe – XXIe siècle


Pays ou province d’origine

Vivarais (Ardèche)


Fiefs tenus

Aubenas, Vogüé


Demeures

Château de Vaux-le-Vicomte
Château de Commarin
Château de Vogüé
Château de la Verrerie
Château de Châteauneuf
Château d'Arlay
Château de Thoiry
Château de Pornic
Château de Miromesnil
Château de Buranlure
Hôtel de Vogüé (Paris)
Hôtel de Vogüé (Dijon)


Charges

Pair de France, députés, archéologue, diplomates, académicien, hommes de lettres, industriel, régent de la Banque de France, maires, chefs d'entreprises


Fonctions militaires

Lieutenant général des armées du roi, officiers


Top 10 given names

Males

Given names
Given name Individuals
Louis 17
Marie 17
Charles 17
Jean 10
Pierre 8
Antoine 7
Henri 7
François 6
Melchior 6
Ernest 5

Females

Given names
Given name Individuals
Marie 36
Louise 8
Marguerite 6
Charlotte 6
Henriette 6
Alix 5
Anne 5
Françoise 5
Jeanne 4
Antoinette 4
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